L’année 2005 marque un nouveau tournant dans le domaine de la vente en ligne. Plusieurs sites marchands ont débarqué sur la toile récemment pour encourager les internautes marocains à utiliser le canal du web pour la commande et l’achat des produits informatiques et électroménagers. C’est le cas des sites internet : Microchoix.ma, webstore.ma et hypertechmaroc.com.
Cependant, cette nouvelle dynamique intervient dans un contexte défavorable à défaut de facteurs encourageants pour permettre l’émergence d’un nouveau mode de distribution basée sur le net.
Le premier écueil est lié à la réticence de banques à s’investir dans le l’encouragement d’un système de paiement en ligne, notamment celui mis en place par la société Maroc Telecommerce ou celui en cours de préparation en partenariat avec le centre monétique interbancaire (CMI). « Si dans d’autres pays, le paiement par carte bancaire sur le net est devenu une réalité, ce geste basique relève encore du luxe pour ne pas dire de l’impossible au Maroc », regrette Khalid Saadi, le directeur du site marchand Microchoix.
Sur un autre registre, le développement de sites marchands butte sur le déficit de l’arsenal juridique. Actuellement, aucun texte législatif au Royaume n’est en vigueur pour protéger aussi bien les cyber-clients que les cyber-marchands. « Nous n’allons pas réinventer la roue, il suffit que le législateur marocain s’inspire des bonnes pratiques développées au niveau international sur ce créneau », rappelle le manager de Microchoix.
Le déficit de la logistique
Pallier le déficit juridique ne pourra ainsi qu’accélérer la dynamique de ce marché émergeant en permettre d’instaurer un climat de confiance en mesure de booster les ventes et les commandes en ligne.
Outre le volet bancaire et législatif, la chaîne de la vente sur internet exige l’existence d’un réseau de logistique rôdé. « Or, actuellement, les prestataires de ce segment souffrent d’un déficit de leurs systèmes d’information », souligne M. Saadi.
Traduisez : la réussite du e-commerce exige au préalable une mise à niveau des systèmes d’information des transporteurs au Royaume pour permettre à terme d’interconnecter leurs systèmes directement avec celui de gestion des commandes des sites marchands. Une telle interconnexion facilitera aux internautes la possibilité du suivi en temps réel (tracking) de leurs commandes.
Le volet technique ne doit pas occulter également l’urgence d’élargir la couverture de desserte du réseau de distribution des différents acteurs de la logistique au Maroc.
« Certes, le tableau brossé des contraintes du marché semble sombre. Cependant ce n’est pas une raison pour ne pas s’investir dans la vente en ligne. Il faut y croire.», martèle le jeune manager de Microchoix.
Le boom enregistré sur le marché et le contexte de libéralisation sont autant de facteurs qui offrent des lueurs d’espoirs de voir un jour le Marocain en mesure d’accomplir ses actes administratifs et ses achats sur le net.